Keilir – parcours de Lave

Le parcours de Keilir (comme le nom de l’un des volcans que l’on aperçoit au loin) est situé à la sortie de Reykjavik.

Initialement un 9 trous créé sur une ancienne exploitation agricole, ce club s’est lancé il y a une dizaine d’année dans un projet fou : cannibaliser l’ancien zoo et le champs de lave à proximité pour créer 9 autres trous. On imagine bien que tout le monde a dû les regarder avec des yeux ronds, tant cela semble infaisable. Et pourtant… on a dorénavant l’un des parcours les plus emblématiques d’Islande, île volcanique s’il en est.

L’Islande est la terre du feu et de la glace… et également une terre golfique. Pensez, sur 300.000 habitants, 30.000 jouent au golf, sur 80 parcours. C’est comme si à Nice, il y avait 80 parcours et que 10% de la population jouait au golf !

Bon, bien sûr, la saison est courte : Mai à Septembre, il s’agit de dérouiller rapidement son swing. Par contre, en Juin et Juillet, l’ouverture des parcours est sans commune mesure : 24h par jour, grâce au soleil de minuit. Et après un parcours, rien de mieux que de tremper dans l’un des nombreux bains chauds d’une piscine publique.

Bref, le golf en Islande est atypique, et ses parcours le sont tout autant.

Le parcours

Le 9-aller est assez fantastique. Le no-mans-land de lave, très caractéristique de cette zone de l’Islande, a été savamment étudié et aménagé pour créer des départs, fairways et greens. Toutes ces zones “vertes” ont été réalisée en apportant de la terre dans les creux naturels de la lave. On a vraiment été admiratif de ce travail qui a dû être titanesque.

Bien sûr, tous les roughs sont constitués de lave (donc uniquement de la roche (rassurez vous, elle n’est plus chaude depuis quelques milliers d’années)). Il convient donc de garder sa balle en jeu sous peine d’assister à des rebonds aussi spectaculaires que chaotiques. C’est uniquement pour les bienfaits de cet article qu’on a jeté quelques balles dehors, vous pensez bien.

Étonnamment, on arrive parfois à retrouver sa balle et jouer directement sur la lave est une expérience particulière… pour laquelle on vous conseillera de prendre un vieux fer ! Encore qu’il arrive parfois que la balle se retrouve sur ce petit tapis mousseux qui parvient à s’accrocher à la lave. Mais tout de même, la plupart du temps, la balle se perd à l’horizon dans une anfractuosité de roche ou un recoin invisible et est perdue à jamais… ou jusqu’à ce qu’un autre golfeur la trouve par accident.

Les fairways sont très bons et les greens particulièrement fermes et roulants.

On vous laisse imaginer les nerfs qu’il faut pour attaquer des greens dans ce genre. Et encore, nous avons eu la chance de jouer sans vent. En bord de mer, lorsque le zéphyr souffle, ce doit être dantesque.

Et la difficulté est encore renforcée par de nombreux trous en aveugle, en dogleg ou à la lecture délicate. Heureusement, un autochtone nous a guidé sur cette partie délicate du parcours. D’une manière générale, les islandais sont très fiers de faire découvrir leurs parcours, aussi n’hésitez pas à demander 🙂 Un petit guide gratuit (le StrokeSaver 🙂 ) est disponible au proshop pour nous aider.

Il faut l’avouer, on est tout de même soulagés de quitter cette partie de lave. Le 9-retour pardonne plus facilement les égarements, étant construit sur un grand cap herbeux. On croise cependant plus de pentes, avec des trous en montée et en descente. Si les neuf premiers trous ne comportent aucuns bunkers, on peut dire que c’est largement compensé sur le 9-retour.

L’enchainement 13-15 a été modifié récemment et donne lieu à quelques beaux trous.

Les bunkers sont assassins : profonds et très raides. En fonction du lie et de la proximité de la lèvre (du mur ?), on peut même parfois être obligé de sortir pas l’arrière.

Comme sur tous les parcours, on a la présence de tee box aux départs, et également de boites en bois contenant des graines, à semer dans vos divots. Une bonne manière d’impliquer les membres dans l’entretien du parcours.

Le Club-House

Élégant et agréable, l’accueil y est sympathique. Comme souvent en Islande, le proShop est réduit à sa plus simple expression (gants, tees, balles, etc…) et les vestiaires sont très simples. Il n’y a qu’une douche, mais de nombreux casiers.

Le club dispose d’un vrai restaurant, ce qui n’est pas toujours le cas. D’une manière générale, la nourriture est hors de prix en Islande, mais les golfs ne sont pas plus cher qu’ailleurs et on y mange plutôt mieux. Classiquement, il est proposé “soupe et pain” pour les repas de midi. Les poissons sont délicatement épicés et nous ont bien plu.

 

Notre avis

Le 9-aller mérite à lui seul la visite à ce club de la capitale. Visuellement et golfiquement, c’est tout à fait unique. La vision nécessaire pour imaginer des trous au milieu de ce champs de lave est bluffante, félicitations aux architectes.

Comme souvent en Islande, de nombreux joueurs ne font que 9 trous, le jeu s’accélère donc en seconde partie.

L’entretien général est très bon. Il vaut mieux jouer les greens un peu courts, car la balle ne s’y arrête pas d’elle-même.

Le parcours est un peu plus “urbain” que d’autres du secteur, mais cela participe à la découverte de la vie islandaise : au loin, une usine d’aluminium, plus près quelques hangars de pêcheurs et la route principale pas loin. Mais tout cela ne gâche pas la forte impression dégagée par ce parcours.

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